Perte de grossesse et désordres psychiatriques chez les jeunes femmes: étude de cohorte de naissances australiennes

  Auteurs : Dingle K, Alati R, Clavarino A, Najman JM, Williams GM.   Date de publication : 2008
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Dans cette étude de cohorte de femmes de 21 ans, l'objectif principal est d'étudier l'association entre avortement ou fausses-couches et troubles psychiatriques ou abus de substances toxiques. L'étude montre que les grossesses diminuent le risque de troubles psychiatriques et d’abus de substances, alors que l’avortement multiplie ce risque par deux soit autant qu’une fausse-couche, et ce indépendamment des antécédents psychiatriques antérieurs à l’avortement et des facteurs socioéconomiques.

Titre original de l'étude : Pregnancy loss and psychiatric disorders in young women: an Australian birth cohort study.

I

Informations générales

  • Âge des femmes 14-21 ans
  • Pays Australie
  • Type d‘étude II - Comparative (groupe avortement - autre(s) groupe(s)) ; Analyse secondaire ; Données recueillies dans un autre objectif
  • Symptômes Dépression, Anxiété, Abus de substances, alcool ou drogue, addictions, Consultation pour troubles psychologiques
  • Période post-avortement étudiée - Plusieurs années
  • Jeu de données utilisé - Mater-University of Queensland study of pregnancy and its outcomes (MUSP)
G

Groupe(s) comparé(s)

  • Effectif - IVG 101
  • Effectif - grossesse avec accouchement 97
  • Effectif - fausses couches spontanées 82
  • Effectif - pas de grossesse 943
c

Critère(s) de jugement

  • Critères de jugement Dépression
  • Critères de jugement Anxiété
  • Critères de jugement Abus de substances, alcool ou drogue, addictions
  • Critères de jugement Consultation pour troubles psychologiques
M

Mesure du (des) critère(s) de jugement

  • Modalité de recueil des signes de troubles psychologiques Composite International Diagnostic Interview (CIDI)
s

Synthèse

Objectif : Etudier l'association entre avortement ou fausses-couches spontanée et troubles psychiatriques ou abus de substances toxiques.

Type/ Schéma d'étude: Etude de cohorte longitudinale (Mater-University of Queensland study of pregnancy and its outcomes)

Population étudiée : Femmes nées entre 1981 et 1984 dans un hôpital de Brisbane. Cohorte pour lesquelles

  • des données concernant les grossesses, les antécédents psychiatriques et différentes variables à la naissance et à l'âge de 14 ans étaient connues,
  • et sont interviewée à l'âge de 21 ans en utilisant le questionnaire informatisé CIDI

Mesure(s) principale(s) : Taux et odds ratios et leurs intervalles de confiance à 95%, résultats significatifs si p<0,05

Résultat(s) :

Par rapport aux femmes de 21 ans sans antécédents de grossesse:

Les femmes de 21 ans ayant avorté dans les années qui précèdent ont un risque significativement plus important que celles qui n'ont pas eu de grossesse: plus d'abus de substances (OR=3,2 ; intervalle de confiance à 95%=2-6,7), d'abus d'alcool (OR=2,1 intervalle de confiance à 95% =1,3-3,5) ou des troubles psychiatriques ( OR=1,9 intervalle de confiance à 95%=1,3-3,1) par rapport aux femmes n’ayant pas accouché.

Par rapport aux femmes de 21 ans ayant un antécédent de fausse couche spontanée:

Le risque de troubles chez les femmes qui ont eu un avortement dans leurs antécédents est légèrement supérieur à celui des femmes qui ont fait une fausse couche.

Comparison des femmes qui ont accouché avant 21 ans avec celle qui n'ont pas eu d'enfant

Le fait de devenir mère avant 21 ans semble être un facteur protecteur par rapport aux troubles psychiatriques et à l'abus de substances, à l'exception du tabagisme.

Conclusion(s) : L'augmentation significative des troubles psychiatriques et de l'abus de substances observé chez cette cohorte après un avortement ou une fausse couche avant 21 ans ne s’explique ni par des antécédents psychiatriques antérieurs à la grossesse, ni par des facteurs socioéconomiques défavorables.

 

R

Résultats Quantitatifs

Résultat sur le critère jugement dépression

Risque multiplié par environ 1.500 fois (d'après revue de littérature de Coleman, 2011)

Résultat sur le critère jugement anxiété

Risque multiplié par environ 1.500 fois (d'après revue de littérature de Coleman, 2011)

Résultat sur le critère jugement abus de substances, addictions

Risque multiplié par environ 2.100 fois (d'après revue de littérature de Coleman, 2011) pour l'alcool Risque multiplié par environ 1.500 fois (d'après revue de littérature de Coleman, 2011) pour la marijuana

C

Commentaires de la rédaction scientifique

ELEMENTS PERMETTANT D'ARGUMENTER EN FAVEUR D'UN NIVEAU DE PREUVE ÉLEVÉ

Point fort concernant la prise en compte des facteurs qui peuvent fausser l'analyse : Ajustement sur antécédents et/ou éventuelles autres caractéristiques

Des analyses de sensibilité ont été réalisées pour vérifier le maintien des résultats.

ELEMENTS PERMETTANT D'ARGUMENTER EN FAVEUR D'UN NIVEAU DE PREUVE FAIBLE

Point faible concernant la population étudiée : Population très particulière : non généralisable

Point faible concernant le recueil des données : C'est la femme qui communique les 2 critères, le facteur étudié et le critère de jugement. Certaines femmes ont tendance à exprimer largement les choses, d'autres au contraire à les taire. Cela crée une fausse corrélation.

La population concernée est très particulière: pour illustration, notons que les proportions de femmes de 21 ans étudiées utilisant de la marijuana sont 11%, 15.5%, 31.7% et 25.6% pour les femmes qui n'ont respectivement jamais été enceintes, ont accouché, ont eu un avortement et ont eu une fausse couche spontanée!

Fort taux d'attrition, mais cela non pas par refus de participer mais lié à la perte du contact, ce qui diminue l'effet négatif potentiel sur la validité des résultats.

Commentaires de la Rédaction Non Scientifique

Etude bien conduite qui ne cherche pas à faire la différence entre avortement et fausse couche mais à établir le lien entre perte de grossesse et troubles psychiatriques

Echantillon faible.

 

Les auteurs laissent transparaitre leur avis dans la discussion, à l’encontre des données qu’ils ont observées. Ils minimisent le fait que les avortements ont des conséquences plus délétères sur la santé psychiatrique des femmes que les fausses-couches en attribuant la cause des troubles à la perte de grossesse, plus qu’à ses modalités. Or le fait que, l’avortement et les fausses couches augmentent presque autant l’un que l’autre le risque de complications psychiatriques n’exclut pas l’augmentation significative par rapport à la naissance d’un enfant, qui peut être désiré ou pas, et à l’absence de grossesse. Cela semble aussi contredire la loi sur l’avortement dans l’état du Queensland, où l’étude a été réalisée, puisque les avortements sont autorisés par la loi au motif qu’il y a un danger pour la santé  physique ou psychologique de la mère, alors qu'ils augmentent clairement ce risque.

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