Relation entre avortement et dépression: nouvelle preuve chez les familles fragiles et étude du bien-être

  Auteurs : Rees DI, Sabia JJ.   Date de publication : 2007
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Les signes de dépression augmentent dans les trois années qui suivent un avortement.

Mais une naissance était aussi associée à une augmentation des signes de dépression dans les années qui suivent.

 

Titre original de l'étude : The relationship between abortion and depression: new evidence from the fragile families and child wellbeing study.

I

Informations générales

  • Âge des femmes pas de limite, moyenne 29,6 ans
  • Pays USA
  • Type d‘étude II - Comparative (groupe avortement - autre(s) groupe(s)) ; Analyse secondaire ; Données recueillies dans un autre objectif
  • Symptômes Dépression, Consultation pour troubles psychologiques
  • Période post-avortement étudiée - Plusieurs années
  • Jeu de données utilisé - Fragile Families and Child Wellbeing Study
G

Groupe(s) comparé(s)

  • Effectif - IVG 99
  • Effectif - grossesse avec accouchement 629
  • Effectif - fausses couches spontanées 107
  • Effectif - pas de grossesse 1732
c

Critère(s) de jugement

  • Critères de jugement Dépression
  • Critères de jugement Consultation pour troubles psychologiques
M

Mesure du (des) critère(s) de jugement

  • Modalité de recueil des signes de troubles psychologiques Composite International Diagnostic Interview (CIDI)
s

Synthèse

Objectif : Etude du risque de dépression majeure à la suite de différentes issues de grossesse après prise en compte d'une éventuelle dépression antérieure.

Type/ Schéma d'étude : Etude secondaire d'une cohorte, recueil rétrospectif par auto-déclaration des données concernant la grossesse.

Population étudiée : Echantillon considéré comme représentatif, issu de la cohorte "Fragile Families and Child Wellbeing Study", composée de femmes venant d'accoucher dans 20 grandes villes américaines, dont une majorité de mères célibataires ou non mariées.

Mesure(s) principale(s) : Les femmes étaient interrogées à 3 reprises: à la naissance d'un enfant, puis 1 et 3 ans plus tard. Aux deux dernières rencontres, 1 et 3 ans après la grossess initiale un Score CIDI-SF (Composite International Diagnostic Interview, short Form) était établi. Un score ≥ 3 est réputé être associé en général à une probabilité de dépression majeure de plus de 50%. Analyse multi variée en tenant compte des différentes histoires obstétricales et des facteurs sociodémographiques recensés lors de l'inclusion, avec calcul des odd ratios et de leurs intervalles de confiance à 95%.

Facteur étudié: la survenue d'une grossesse menée à terme, d'une fausse couche spontanée, ou d'un avortement entre l'entretien 1 et l'entretien 2, c'est à dire au cours de l'année qui suit l'accouchement initial, avant le premier calcul de Score CIDI-SF.

Résultat(s): Après ajustement pour les variables sociodémographiques et les antécédents dépressifs, l'avortement (dans l'année qui suit la première grossesse) était associé à une augmentation de plus de deux fois du risque de dépression entre 1 et 3 ans après le premier entretien (OR=2.15, 95% CI: 1.01 to 4.57, p=0.047).

Une naissance et une fausse-couche (dans l'année qui suit la première grossesse) étaient aussi associés à une augmentation du risque de dépression à l'entretien (2 ans après le premier entretien).

Conclusion:

Le risque de dépression était élevé dans les mois qui suivent l'IVG et plus élevé encore les trois années suivantes   (20.3 % au premier entretien après puis, 31.6 % au second).

Une augmentation du risque de dépression comparable était observée après naissance (14.0 % au premier entretien puis, 21.0 % au second).

 

R

Résultats Quantitatifs

Résultat sur le critère jugement dépression

Risque de dépression multiplié par environ 2.15 fois après avortement (d'après revue de littérature de Coleman, 2011). Notons cependant que cette interprétation de Coleman diffère de notre compréhension de l'article. L'augmentation dont il est question se fait entre l'année qui suit l'événement et deux ans plus tard. Et une augmentation a aussi lieu après naissance vivante.

C

Commentaires de la rédaction scientifique

ELEMENTS PERMETTANT D'ARGUMENTER EN FAVEUR D'UN NIVEAU DE PREUVE ÉLEVÉ

Point fort concernant la population étudiée : Echantillon représentatif de population national (ou régionale)

Point fort concernant la prise en compte des facteurs qui peuvent fausser l'analyse : Ajustement sur antécédents et/ou éventuelles autres caractéristiques

Bien que les femmes qui avaient des naissances hors mariage soient sur-représentées dans les données, le sous-échantillon de 3119 utilisé, pondéré statistiquement, devient représentatif des naissances des femmes vivant dans les villes de plus de 200 000 habitants aux USA.

ELEMENTS PERMETTANT D'ARGUMENTER EN FAVEUR D'UN NIVEAU DE PREUVE FAIBLE

Point faible concernant le recueil des données : C'est la femme qui communique les 2 critères, le facteur étudié et le critère de jugement. Certaines femmes ont tendance à exprimer largement les choses, d'autres au contraire à les taire. Cela crée une fausse corrélation.

Notons ce qui peut-être une faiblesse de l'outil de mesure: au premier entretien, le pourcentage de femmes notées comme présentant des troubles de type dépressif était de 20% environ dans le groupe avortement (ce qui semble cohérent) mais de l'ordre de 12% en dehors de ce contexte, ce qui semble élevé et fait craindre une mesure non-spécifique. Ceci semble plus compréhensible lorsqu'on regarde la liste des symptômes. 3 ou plus des symptômes suivants font poser le diagnostic : perte d'intérêt, sensation de fatigue, changement de poids, troubles du sommeil, difficulté à se concentrer, se sentir déprimé, et avoir des pensées de mort. Il est peu étonnant qu'une mère signale, par exemple, une sensation de fatigue ou une variation de poids.

Remarquons que l'événement avortement ou naissance ou fausse couches spontané survient dans l'année qui suit la naissance d'un premier enfant. Il s'agit de grossesses très rapprochées, ce qui peut partiellement expliquer les réponses au questionnaire.

Commentaires de la Rédaction Non Scientifique

En dépit d'un recueil des historiques rétrospectifs, cette étude semble fiable.

++

Ton neutre. Absence de conflits d'intérêts.

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