Naissance, avortement et dépendance à la drogue subséquente chez les jeunes femmes: étude longitudinale

  Auteurs : Pedersen W.   Date de publication : 2007
lien URL vers l‘étude

Dans cette étude de cohorte longitudinale, les auteurs ont noté:

  • des taux plus élevés d'utilisation de tabac, alcool et des problèmes de toxicomanie chez les femmes de 27 ans sans enfant et qui ont eu dans le passé un avortement que chez celles qui n'ont pas d'enfant sans avoir eu d'avortement
  • des problèmes d'alcool et de consommation de cannabis moins fréquent chez les femmes de 27 ans ayant au moins un enfant et pas d'IVG que chez celles qui n'ont pas d'enfant.

Cependant, les femmes qui ont eu un IVG et vivaient avec le père du fœtus avorté n'avait pas de risque accru.

Titre original de l'étude : Childbirth, abortion and subsequent substance use in young women: a population-based longitudinal study

I

Informations générales

  • Âge des femmes 15 à 27 ans
  • Pays Norvège
  • Type d‘étude II - Comparative (groupe avortement - autre(s) groupe(s)) ; Analyse secondaire ; Données recueillies dans un autre objectif
  • Symptômes Abus de substances, alcool ou drogue, addictions, Consultation pour troubles psychologiques
  • Période post-avortement étudiée - Plusieurs années
  • Jeu de données utilisé - Young in Norway Longitudinal Study
G

Groupe(s) comparé(s)

  • Effectif - IVG 76
  • Effectif - grossesse avec accouchement 183
  • Effectif - pas avortement (qu'il y ait ou non une grossesse) 461
c

Critère(s) de jugement

  • Critères de jugement Abus de substances, alcool ou drogue, addictions
  • Critères de jugement Consultation pour troubles psychologiques
M

Mesure du (des) critère(s) de jugement

  • non renseigné
s

Synthèse

Objectif : Cet article présente une étude de la relation entre une naissance ou un avortement chez les jeunes femmes de 15 à 27 ans et la consommation de substances à 27 ans. Plus précisément, les questions posées sont les suivantes :
1. Les niveaux de dépendance à la nicotine, les problèmes d'alcool, la consommation de cannabis et d'autres substances illicites varient elles entre 3 groupes de femmes: (i) celles qui n'ont pas été enceinte avant 27 ans, (ii) celles qui ont été enceinte et ont accouché, et (iii) celles qui ont été enceinte et ont eu un avortement
2. Cette relation persiste-t-elle après ajustement sur les antécédents et caractéristiques de la femme ?
3. Cette relation dépent-elle de la persistance du lien conjugal avec le père de l'enfant ?

Type/ Schéma d'étude : Cohorte longitudinale prospective d'une durée de 11 ans

Population étudiée : Sous population de l'étude « Young in Norway Longitudinal study » constituée d’un échantillon de 768 filles de 12 à 15 ans qui, au moment du recrutement, n’ont pas encore été enceintes. Elles ont répondu à des questionnaires par la suite, concernant l'occurrence d'une grossesse ou pas, d'une naissance, d'un recours à l'IVG et le contexte autour de cette IVG, de l'utilisation de substances (alcool, drogues, nicotine). Les facteurs confondants sont recueillis : contexte socio-économique, relations familiales, éducation, niveau d'étude, source de revenus, dépression, troubles des conduites et utilisation de substances addictives.

Mesure(s) principale(s) : Odd Ratio (OR) entre la survenue d’une naissance ou d’une IVG et une conduite addictive ultérieure.

Résultat(s): La valeur de l’OR est entre 2.8 et 7.7 (selon le type d'addictions) pour les femmes ayant eu une IVG par rapport à celles n’ayant pas été enceintes, la valeur après ajustement pour les facteurs confondants restant élevée entre 2 et 4.7. Pour les femmes ayant donné naissance à un enfant, l'OR après ajustement est compris entre 0.1 et 0.8.

Conclusion(s) : Les femmes qui ont eu une IVG ont un risque significativement plus important de conduites addictives, principalement par consommation de drogues même après ajustement. Celles ayant donné naissance à un enfant ont un risque moins important de conduites addictives que celles n’ayant jamais été enceintes. Lorsque le partenaire est présent, les femmes ayant eu une IVG ont moins de risques de conduites addictives.

R

Résultats Quantitatifs

Résultat sur le critère jugement abus de substances, addictions

Risque de consommation d'alcool multiplié par environ 2 fois (d'après revue de littérature de Coleman, 2011) Risque de consommation de marijuana multiplié par environ 3,4 fois (d'après revue de littérature de Coleman, 2011)

C

Commentaires de la rédaction scientifique

ELEMENTS PERMETTANT D'ARGUMENTER EN FAVEUR D'UN NIVEAU DE PREUVE ÉLEVÉ

Point fort concernant la mesure du critère de résultat (les troubles psychologiques) : Questionnaire standardisé

Point fort concernant la prise en compte des facteurs qui peuvent fausser l'analyse : Ajustement sur antécédents et/ou éventuelles autres caractéristiques

Recueil des informations par questionnaires standardisés: - Fagerstrom’s tolerance questionnaire pour le tabac - Alcohol Use Disorders Identification (AUDIT) pour l'alcool - Questions de type oui/non pour le cannabis et autres substances

ELEMENTS PERMETTANT D'ARGUMENTER EN FAVEUR D'UN NIVEAU DE PREUVE FAIBLE

Point faible concernant la population étudiée : Population particulière : généralisabilité incertaine

Point faible - mesure du facteur étudié (avortement) : C'est la femme qui déclare son avortement

Les résultats font craindre une non représentativité de l'échantillon utilisé. Nous notons en effet des taux "anormalement élevés" des substances étudiées chez les personnes qui ont eu un avortement: Tabac 26.3%; problèmes d'alcool 30.3 %, utilisation de cannabis 31.6%

Commentaires de la Rédaction Non Scientifique

Etude bien menée et neutre en dépit de légers biais

++

Bon groupe comparatif. Ajustement à partir de facteurs confondants. Durée de l’étude : 11 ans.

Commentaires des internautes

Aucun commentaire publié sur cette étude pour le moment
Commenter cette étude
étude précédente étude suivante
Haut de page