IVG et morbidité psychiatrique

  Auteurs : Gilchrist AC, Hannaford PC, Frank P, Kay CR.   Date de publication : 1995
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Cette étude des troubles psychologiques après IVG distingue la situation des personnes ayant déjà eu des troubles dans le passé de celle des femmes qui n'ont pas eu de troubles psychologiques avant l'IVG.

Titre original de l'étude : Termination of pregnancy and psychiatric morbidity.

I

Informations générales

  • Âge des femmes pas de limite
  • Pays Grande Bretagne
  • Type d‘étude III - Comparative (groupe avortement - autre(s) groupe(s)) ; Données spécifiquement recueillies dans cet objectif
  • Symptômes Mortalité ou suicide ou idées de suicide ou automutilation, Dépression, Anxiété, Hospitalisation en milieu psychiatrique, Consultation pour troubles psychologiques
  • Période post-avortement étudiée - Plusieurs années
  • Jeu de données utilisé - Jeu de données spécifiquement recueilli pour l'étude
G

Groupe(s) comparé(s)

  • Effectif - IVG 6410
  • Effectif - naissance après grossesse non désirée 6851
c

Critère(s) de jugement

  • Critères de jugement Mortalité ou suicide ou idées de suicide ou automutilation
  • Critères de jugement Dépression
  • Critères de jugement Anxiété
  • Critères de jugement Hospitalisation en milieu psychiatrique
  • Critères de jugement Consultation pour troubles psychologiques
M

Mesure du (des) critère(s) de jugement

  • Modalité de recueil des signes de troubles psychologiques Classification Internationale des Maladies
  • Modalité de recueil des signes de troubles psychologiques Deliberate Self Harm (DHS)
s

Synthèse

Objectif : Etudier la survenue de manifestations psychiatriques dans les deux années après une grossesse non planifiée se terminant par un avortement ou une naissance.

Type/ Schéma d'étude: Etude prospective.

Population étudiée : 13261 femmes consultant un médecin généraliste volontaire pour participer à l'étude, pour une grossesse non planifiée,  en Angleterre, Pays de Galles et Ecosse, entre 1976 et 1979, et qui demandaient ou non à interrompre leur grossesse, chez qui l'IVG était soit effectuée, soit refusée par l'équipe médicale ou non demandée par la patiente.

Mesure(s) principale(s) : Premier épisode de manifestation de type psychotique, non psychotique ou d'auto-agressivité. Calculs des risques relatifs et de leurs intervalles de confiance à 95%.

Résultat(s) :

Quand on mélange les femmes avec ou sans antécédents psychiatriques:

Les femmes qui avaient des antécédents psychiatriques avaient un risque significativement plus élevé de présenter des troubles après une grossesse non désirée, quelle qu’en soit l'issue que les femmes sans antécédents. Le taux d'hospitalisation pour troubles psychotiques était semblable dans les deux groupes (avortement ou accouchement), même si les troubles étiquetés comme psychotiques étaient significativement plus fréquents après l'accouchement (risque relatif 0.4, intervalle de confiance à 95% 0.3-0.7).

Quand on considère les femmes sans antécédents psychiatriques seulement:

Chez les patientes sans antécédents psychiatriques, les comportements auto-agressifs étaient plus fréquents après une IVG qu'après accouchement (risque relatif 1.7, intervalle de confiance à 95% 1.1-2.6).

Conclusion(s) : La morbidité psychiatrique sur la population totale après grossesse non planifiée n’est pas plus fréquente dans cette cohorte après un avortement par rapport au femmes ayant accouché.

Mais chez les femmes sans antécédents psychiatriques, les troubles auto-agressifs étaient augmentés chez des femmes ayant avorté par rapport à celle qui ont accouché.

R

Résultats Quantitatifs

Résultat sur le critère jugement mortalité, suicide, idées de suicide, automutilation

Risque d'automutilation multiplié par environ 1.7 fois (d'après revue de littérature de Coleman, 2011)

C

Commentaires de la rédaction scientifique

ELEMENTS PERMETTANT D'ARGUMENTER EN FAVEUR D'UN NIVEAU DE PREUVE ÉLEVÉ

Point fort concernant les groupes qui servent de comparaison au groupe IVG : Groupe de comparaison adapté: grossesse non désirée avec accouchement

ELEMENTS PERMETTANT D'ARGUMENTER EN FAVEUR D'UN NIVEAU DE PREUVE FAIBLE

Le résultat significatif retenu n'est qu'un des nombreux tests effectués: le risque de conclure à tort à un écart significatif est donc assez élevé. Comme dans de nombreuses études longitudinales, il y a un taux non négligeable d'attrition: à la fin de l'étude, 2122 (34 %) du groupe avortement et 3000 (42 %) de l'autre groupe ont répondu au questionnaire. Cela fragilise l'étude diminuant, sans l'annuler, le niveau de preuve.

Commentaires de la Rédaction Non Scientifique

La cohorte est de taille significative mais l'étude présente des biais importants.

+-

Qualité Moyenne du recueil. Manque de neutralité des auteurs et biais de sélection des médecins participant à l'enquête.

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