Prédicteurs d'anxiété et de dépression après une IVG: étude longitudinale de suivi sur 5 ans

  Auteurs : Broen AN, Moum T, Bödtker AS, Ekeberg O.   Date de publication : 2006
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Cette étude de cohorte longitudinale compare les scores d'anxiété et de dépression 10 jours, 6 mois, 2 et 5 ans après une fausse-couche ou d'un avortement, et les compare aux mêmes scores dans la population générale et enfin identifie des facteurs prédictifs de scores élevés de dépression et anxiété à 6 mois et 5 ans. Elle montre que des scores de dépression et d’anxiété, significativement plus élevés que dans la population générale, sont observés chez les femmes dont la grossesse se termine par une fausse-couche ou un avortement, surtout s’il existe des antécédents psychiatriques ou dans le cas des femmes qui avortent avec un sentiment d'ambivalence face à la décision d’avorter.

 

Titre original de l'étude : Predictor’s of anxiety and depression following pregnancy termination: a longitudinal five year follow-up study.

I

Informations générales

  • Âge des femmes 18 à 45 ans
  • Pays Norvège
  • Type d‘étude III - Comparative (groupe avortement - autre(s) groupe(s)) ; Données spécifiquement recueillies dans cet objectif
  • Symptômes Stress, Dépression, Anxiété
  • Période post-avortement étudiée - Précoce et tardif, sur plusieurs années
  • Jeu de données utilisé - Buskerud Hospital, Norvège
G

Groupe(s) comparé(s)

  • Effectif - IVG 80
  • Effectif - fausses couches spontanées 40
c

Critère(s) de jugement

  • Critères de jugement Dépression
  • Critères de jugement Anxiété
M

Mesure du (des) critère(s) de jugement

  • Modalité de recueil des signes de troubles psychologiques Hospital Anxiety and Depression Scale (HADS)
s

Synthèse

Reprise des données de l'article des mêmes auteurs publié en 2004,

  • avec un suivi plus long (5 ans au lieu de 2 ans)
  • et avec un autre critère de jugement : anxiété et dépression.

Objectif : Comparaison des scores d'anxiété et de dépression 10 jours, 6 mois, 2 et 5 ans après une fausse-couche ou un avortement. Comparaison aux mêmes scores dans la population générale. Identification des facteurs prédictifs de scores élevés de dépression et d'anxiété, 6 mois et 5 ans après la fausse-couche ou l'avortement.

Type/ Schéma d'étude : Cohorte longitudinale (série de cas), recueil prospectif.

Population étudiée : Femmes de 18 à 45 ans, ayant donné leur consentement éclairé, consultant entre avril 1998 et février 1999, à moins de 13 semaines de grossesse (pour le bras IVG) ou moins de 21 semaines (pour le bras fausse-couche), dans le service de gynécologie de l'hôpital de Buskerud, Norvège. Exclusion des femmes ne parlant pas le norvégien, enceintes suite à des viols, présentant des troubles psychiatriques ou un retard mental. Sur les 268 femmes invitées à participer à l'étude, 80 femmes ont avorté et 40 femmes ont fait une fausse couche.

Mesure(s) principale(s) : Echelle hospitalière d'anxiété et de dépression (HADS) : score moyen, % de femmes ayant un score à 8 ou plus indiquant un cas de dépression ou d'anxiété cliniquement significatif, 10 jours, 6 mois, 2 ans et 5 ans après l'interruption de grossesse.

Résultat(s): Les femmes ayant avorté avaient des scores HADS de dépression et d'angoisse plus élevés que les femmes ayant fait une fausse-couche, sauf en ce qui concerne la dépression 10 jours après l'interruption de grossesse. La différence entre les deux groupes était significative pour l'anxiété à 6 mois de l'interruption de grossesse : 47,3% des femmes ayant un score élevé d'anxiété versus 15% respectivement pour l'avortement et la fausse-couche (OR=5,1 ; p=0,001). Les scores de dépression et d'anxiété étaient significativement plus élevés 10 jours après l'interruption de grossesse que dans la population générale, mais ensuite tendaient à se normaliser en ce qui concerne la dépression mais pas l'anxiété, pour les deux groupes. Des antécédents de troubles psychiques ou une accumulation d'événements stressants étaient prédictifs de scores de dépression et d'anxiété significativement plus élevés à 6 mois et 5 ans. Une conception négative de l'avortement ou des doutes par rapport à la décision d'avorter étaient corrélés à des scores plus élevés à 6 mois. Il n’y avait pas d'effet significatif de grossesses ultérieures sur les scores de dépression ou d'angoisse à 5 ans.

Conclusion(s) : Les femmes ayant avorté, en particulier si elles ont des antécédents psychiatriques et une attitude ambivalente par rapport à la décision d'avorter, et les femmes ayant fait des fausses-couches ont un risque augmenté d'anxiété et de dépression (après une interruption de grossesse).

R

Résultats Quantitatifs

non renseigné

C

Commentaires de la rédaction scientifique

ELEMENTS PERMETTANT D'ARGUMENTER EN FAVEUR D'UN NIVEAU DE PREUVE ÉLEVÉ

Point fort concernant la prise en compte des facteurs qui peuvent fausser l'analyse : Ajustement sur antécédents et/ou éventuelles autres caractéristiques

Les articles publiées concernant cette cohorte longitudinale semble avoir un niveau de preuve important: notons en particulier des points positifs en termes de

  • recueil prospectif des données
  • recueil des données par des questionnaires validés
  • analyse ajustant les résultats de façon précise

ELEMENTS PERMETTANT D'ARGUMENTER EN FAVEUR D'UN NIVEAU DE PREUVE FAIBLE

Comme pour toutes les études d'observation, l'ajustement ne garantit pas un lien de causalité. Mais cela n'invalide pas les résultats.

Commentaires de la Rédaction Non Scientifique

Etude rigoureuse malgré un faible échantillon et sous-notification liée à un biais de mesure et de sélection.

+-

Etude rigoureuse. Il ne semble pas y avoir des conflits d’intérêts au niveau des auteurs.

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