Avortement remboursés par l'Etat et naissance: comparaison de la santé mentale sur quatre années

  Auteurs : Coleman PK, Reardon DC, Rue VM, Cougle J   Date de publication : 2002
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Il s'agit d'une étude de cohorte avec analyse des registres médicaux. Elle compare la fréquence des consultations externes pour pathologies psychiatriques dans les suites d'avortement ou d'accouchement, chez des femmes de faibles revenus (éligibles à l'aide médicale d'état MediCal). Elle constate une augmentation significative des maladies mentales dans le groupe de la population qui a eu un avortement.

Titre original de l'étude : State funded abortion versus deliveries. A comparison of outpatient mental health claims over 4 years.

I

Informations générales

  • Âge des femmes 13 à 49 ans
  • Pays USA
  • Type d‘étude I - Comparative (groupe avortement - autre(s) groupe(s)) ; Analyse secondaire ; données médico-administratives
  • Symptômes Dépression, Anxiété, Abus de substances, alcool ou drogue, addictions, Consultation pour troubles psychologiques
  • Période post-avortement étudiée - Plusieurs années
  • Jeu de données utilisé - Medi-Cal Data Set (USA)
G

Groupe(s) comparé(s)

  • Effectif - IVG 14297
  • Effectif - grossesse avec accouchement 40122
c

Critère(s) de jugement

  • Critères de jugement Dépression
  • Critères de jugement Anxiété
  • Critères de jugement Abus de substances, alcool ou drogue, addictions
  • Critères de jugement Consultation pour troubles psychologiques
M

Mesure du (des) critère(s) de jugement

  • Modalité de recueil des signes de troubles psychologiques Classification Internationale des Maladies
s

Synthèse

Objectif : Etude du nombre de consultations externes pour pathologies psychiatriques dans les suites d'avortement ou d'accouchement, chez des femmes de faibles revenus (éligibles à l'aide médicale d'état Medi-Cal, c'est à dire dont le revenu est inférieur à 186% du seuil de pauvreté des USA). Comparaison des âges de survenue de la grossesse, des délais entre la grossesse et l'évènement psychiatrique et des types de pathologies psychiatriques.

Type/ Schéma d'étude : Cohorte - étude de registres médicaux: 1) le registre d'hospitalisation fait état d'une grossesse avec ou sans avortement 2) le registre fait ou non état d'une consultation pour motif psychiatrique

Population étudiée : Femmes de catégorie socio-professionnelle (CSP) faible, résidant en Californie, de 13 à 49 ans éligibles à l'aide médicale d'état Medi-Cal, ayant accouché ou avorté entre le 1er juillet et le 31 décembre 1989. Les femmes ayant des antécédents psychiatriques dans l'année précédant l'accouchement ou l'IVG, celles dont les registres médicaux étaient incomplets dans les 4 ans suivant la grossesse, et celles ayant eu une IVG postérieure à un accouchement en 1989 ont été exclues. L’étude porte sur 40 122 femmes dans le bras accouchement et 14 297 femmes dans le bras IVG.

Mesure(s) principale(s) : Analyses de régression logistique. Calcul d'odds ratio (OR) ajustés au nombre de mois d'éligibilité à Medi-Cal et à l'âge au moment de la grossesse étudiée, ainsi que de leurs intervalles de confiance à 95% (IC).

Résultat(s) : Les femmes ayant avorté avaient un risque significativement plus élevé de consulter pour une pathologie psychiatrique dans les 90, 180 jours, 1, 2 et 4 années que les femmes ayant accouché (OR ajustés compris entre 1,16 et 1,63) et un risque augmenté de façon non significative ensuite. Cette augmentation était aussi significative lorsque les femmes étaient étudiées par classe d'âge, entre 20-24, 25-30, et 30-34 ans, mais non significative chez les adolescentes et les femmes de plus de 35 ans. Des différences significatives ont aussi été trouvées dans les catégories diagnostiques suivantes : troubles d'ajustement (OR=1.21 ; IC=1.03–1.43), dépression bipolaire (OR 1.95 ; IC= 1.21–3.16), dépression névrotique (OR= 1,40 ; IC=1.18-1.67) et schizophrénie (OR=1.97 ; IC=1.32-2.86).

Conclusion(s) : Cette étude montre une augmentation significative de 17% des troubles psychiatriques nécessitant une consultation chez des femmes de faible revenu, sans antécédents psychiatriques connus, dans les 4 années suivant l'avortement.

R

Résultats Quantitatifs

Risque relatif de consultation en cas d'IVG de 1.69, 1.53, 1.45, 1.32, 1.24 et 1.24 à 90j, 180j, 180j, 1 an, 2 ans, 3 ans et 4 ans respectivement, par rapport aux femmes qui accouchent.

Résultat sur le critère jugement dépression

Risque multiplié par environ 1,160 fois (d'après revue de littérature de Coleman, 2011)

Résultat sur le critère jugement anxiété

Risque multiplié par environ 1,140 fois (d'après revue de littérature de Coleman, 2011)

C

Commentaires de la rédaction scientifique

ELEMENTS PERMETTANT D'ARGUMENTER EN FAVEUR D'UN NIVEAU DE PREUVE ÉLEVÉ

Point fort concernant la population étudiée : Population ou échantillon relevant d'un régime d'assurance concernant une population assez variée (pas trop spécifique d'une sous population)

Point fort concernant le recueil des données : Sans intervention du patient, ni des chercheurs

Point fort - mesure du facteur étudié (avortement) : Recueil du facteur étudié (avortement) sur données médicales de qualité

Point fort concernant la mesure du critère de résultat (les troubles psychologiques) : Evénement extrait des registres ou de données médico-administratives

Données médico-administratives d'avortement ou d'accouchement

Les symptômes sont ceux qui sont codés dans les données médico-administratives

ELEMENTS PERMETTANT D'ARGUMENTER EN FAVEUR D'UN NIVEAU DE PREUVE FAIBLE

Point faible concernant la population étudiée : Population particulière : généralisabilité incertaine

Point faible de type exclusion différentielle; les critères d'exclusion ne sont pas identiques dans le groupe avortement et dans le groupe de comparaison : oui

Point faible concernant la prise en compte des facteurs qui peuvent fausser l'analyse : Peu d'ajustement

Population califorienne pauvre : revenu inférieur à 1,86 fois le seuil de pauvreté des USA

1 - du groupe qui a accouché sont exlues les femmes qui auront un avortement provoqué dans l'année suivante. Or l'avortement est plus fréquent chez les personnes présentant un contexte qui augmente la fréquence des troubles psychologiques. Ainsi le bras accouchement est sélectionné parmi les personnes de milieu moins à risque de troubles psychologiques. Cette sélection n'a pas lieu dans le groupe avortement.
2 - l'inclusion dans le registre Medi-Cal est plus systématique après accouchement qu'après avortement. La survenue de troubles psychologiques après l'avortement augmente la probabilité d'être inclue dans le registre (pour bénéficier de la prise en charge de (Medi-Cal)

Commentaires de la Rédaction Non Scientifique

Etude bien menée

++

Le ton est neutre, même si l'étude a été financée par une fondation dont le but est de prendre en charge les troubles consécutifs à l’avortement.

Article à interpréter en parallèle avec celui de Reardon 2003 publié dans le CMAJ, qui étudie la même cohorte sous l’angle des hospitalisations et dont les résultats sont complémentaires. Des différences sont à souligner : Augmentation significative des hospitalisations en psychiatrie pour les adolescentes de 13-19 ans ou pour les femmes de plus de 35 ans, alors qu’elles ont moins de consultations sans hospitalisations, alors que l’inverse se vérifie entre 25 et 35 ans. Augmentation significative des troubles d’ajustement et dépression bipolaire donnant lieu à des consultations et à des hospitalisations. Augmentation significative des dépressions dans l’étude sur les hospitalisations et des schizophrénies dans l’étude portant sur les consultations externes.

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