Demandes faites par les femmes avant et après un avortement à leur médecin généraliste

  Auteurs : Berkeley D, Humphreys PC, Davidson D   Date de publication : 1984
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Cette étude pilote met en évidence l'augmentation significative du taux de fréquentation des généralistes dans les deux ans suivant un avortement, particulièrement pour pour des plaintes psychosociales, et ce quelle que soit la classe sociale.

Titre original de l'étude : Demands made on general practice by women before and after an abortion

I

Informations générales

  • Âge des femmes 15-35 (imprécis)
  • Pays Grande Bretagne
  • Type d‘étude I - Comparative (groupe avortement - autre(s) groupe(s)) ; Analyse secondaire ; données médico-administratives
  • Symptômes Culpabilité, Détresse, Consultation pour troubles psychologiques
  • Période post-avortement étudiée - Plusieurs années
  • Jeu de données utilisé - non renseigné
G

Groupe(s) comparé(s)

  • Effectif - IVG 195
c

Critère(s) de jugement

  • Critères de jugement Consultation pour troubles psychologiques
M

Mesure du (des) critère(s) de jugement

  • non renseigné
s

Synthèse

Objectif : Comparer les taux de consultations chez le généraliste, pour deux populations de classe sociale différente, dans l'année qui précède et les deux années qui suivent un avortement.

Schéma d'étude : Etude pilote avec recueil rétrospectif des données

Population étudiée : 70 femmes du cabinet A (classe sociale plus élevée) et 125 femmes du cabinet B (classe ouvrière, immigrées), ayant avorté une fois seulement entre 1962 et 1977. Exclusion des femmes qui avaient eu des avortements multiples ou dont le registre médical était incomplet. Les femmes de chacune des deux cohortes étaient appariées à des témoins choisis de façon aléatoire parmi les patientes de même âge, consultant dans le même cabinet, n’ayant pas eu d'avortement.

Mesure(s) principale(s) : Taux de consultations médicales et de consultations pour des motifs psychologiques chez les femmes ayant avorté et les témoins, dans l'année qui précède et les deux années suivant l'avortement.

Résultat(s) : dans l'année qui précède l'avortement, les patientes du cabinet A consultent significativement moins (p<0,005) leur généraliste que le groupe témoin. Le taux de fréquentation du cabinet du généraliste augmente significativement dans l'année qui suit l'avortement, de 80 % (p<0,001) chez les patientes du cabinet A et de 18% (p<0,05) chez celles du cabinet B, par rapport aux témoins. Il n’y a pas de diminution significative du nombre de consultations lors de la deuxième année. Aucune augmentation correspondant à un effet anniversaire n’a été observée. Dans le cabinet B, avant l'avortement, le taux de consultations pour des motifs psychosociaux était trois fois plus élevé que chez les témoins (p<0,001); dans le cabinet A, ce taux était légèrement inférieur à celui des contrôles. Dans l'année suivant l'avortement, ce taux augmentait de 180% dans le cabinet A et diminuait de 7 % (non significatif) dans le cabinet B, par rapport au taux observé chez les témoins.

L’incidence de troubles psychiatriques graves était de 6 et 7% dans les groupes A et B ; il y a eu une tentative de suicide et un épisode de culpabilité intense dans chaque groupe.Il n’y avait pas de différences significatives entre les deux cohortes de femmes en termes d’âge, d’état civil, de taux d’utilisation de contraceptifs. Les femmes consultant le cabinet B avaient en moyenne plus d’enfants (p<0,025) et plus d’antécédents gynécologiques ; 12% d’entre elles ont été stérilisées en même temps que l’avortement.

Conclusion(s) : Dans les suites d'un avortement, les femmes consultent significativement plus leur généraliste pour tous motifs et en particulier pour des plaintes psychosociales.

R

Résultats Quantitatifs

Cabinet A: augmentation de 80% des consultations après IVG par rapport à avant IVG. Cabinet B : augmentation de 18% des consultations après IVG par rapport à avant IVG.

C

Commentaires de la rédaction scientifique

ELEMENTS PERMETTANT D'ARGUMENTER EN FAVEUR D'UN NIVEAU DE PREUVE ÉLEVÉ

Point fort concernant le recueil des données : Sans intervention du patient, ni des chercheurs

ELEMENTS PERMETTANT D'ARGUMENTER EN FAVEUR D'UN NIVEAU DE PREUVE FAIBLE

La constitution des échantillons pose un important problème de méthode. Le groupe avortement est constitué de femmes pour lesquelles le dossier médical contient ce diagnostique. Le groupe contrôle est fait de femmes dont le dossier médical ne fait pas mention d'un avortement. Or les événements enregistrés comme une éventuelle conséquence de l'avortement sont les consultations au cabinet médical. Nous sommes donc dans une situation où l'échantillon est constitué en lien d'une part avec le facteur étudié (l'avortement) et d'autre part avec le critère de résultat (la consultation): ce type d'échantillon est source de biais. Notons à titre d'exemple de problème possible, celui-ci: si une femme consulte après l'avortement est est classée dans le groupe avortement, et on remarque qu'elle consulte plus après avortement qu'avant. Si elle ne consulte pas elle n'est pas dans l'échantillon avortement: cela fausse les résultats.

Le mode de constitution des échantillons diminue le niveau de preuve de façon importante.

Commentaires de la Rédaction Non Scientifique

Etude bien menée et intéressante

++


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