Evolution de la santé mentale après une fausse couche ou une IVG: étude longitudinale 5 ans après

  Auteurs : Broen AN, Moum T, Bødtker AS, Ekeberg O   Date de publication : 2005
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Cette étude est une étude de cohorte longitudinale de femmes de 18 à 45 ans ayant eu une grossesse aboutissant à un avortement spontané ou volontaire. On constate une amélioration plus lente des différents scores psychologiques après un avortement qu’après une fausse-couche, avec une persistance de scores d’évitement élevés 5 ans après l’avortement.

 

Titre original de l'étude : The course of mental health after miscarriage and induced abortion: a longitudinal, five-year follow-up study

I

Informations générales

  • Âge des femmes 18 à 45 ans
  • Pays Norvège
  • Type d‘étude III - Comparative (groupe avortement - autre(s) groupe(s)) ; Données spécifiquement recueillies dans cet objectif
  • Symptômes Culpabilité, Détresse, Evitement, Sentiment de honte, Sentiment d'intrusion, Sentiment de deuil, Soulagement
  • Période post-avortement étudiée - Plusieurs années
  • Jeu de données utilisé - Buskerud Hospital, Norvège
G

Groupe(s) comparé(s)

  • Effectif - IVG 80
  • Effectif - fausses couches spontanées 40
c

Critère(s) de jugement

M

Mesure du (des) critère(s) de jugement

  • Modalité de recueil des signes de troubles psychologiques Impact of Event Scale (IES)
  • Modalité de recueil des signes de troubles psychologiques Hospital Anxiety and Depression Scale (HADS)
  • Modalité de recueil des signes de troubles psychologiques Quality of Life Scale
s

Synthèse

Reprise des données de l'articles des mêmes auteurs publié en 2004,

  • avec un suivi plus long (5 ans au lieu de 2 ans)
  • et des critères de résultats comparables à ceux de l'article de 2004.

Objectif : comparer les modalités d'évolution de différents scores de santé mentale dans les 5 années qui suivent un avortement ou une fausse-couche spontanée.

Type/ Schéma d'étude : Cohorte longitudinale (série de cas), recueil prospectif.

Population étudiée : Femmes de 18 à 45 ans, consultant entre avril 1998 et février 1999, à moins de 13 semaines de grossesse (pour le bras IVG) ou moins de 21 semaines (pour les fausses couches), dans le service de gynécologie de l'hôpital de Buskerud, Norvège, et qui ont donné leur consentement éclairé. Exclusion des femmes ne parlant pas le norvégien, enceintes suite à des viols, présentant des troubles psychiatriques ou un retard mental. N=80 femmes ayant avorté et 40 femmes ayant fait une fausse-couche ont effectivement été inclues, sur les 268 invitées à participer à l'étude.

Mesure(s) principale(s) : évaluation des antécédents psychiatriques, échelle d'impact d'un événement, sur le plan de l'intrusion et de l'évitement, échelle de qualité de vie, échelle hospitalière d'anxiété et de dépression, sentiments par rapport à l'IVG 10 jours, 6 mois, 2 ans et 5 ans après une IVG.

Résultat(s): Les deux groupes de femmes (fausse couche et IVG) différaient significativement par certaines caractéristiques (parité, état civil, activité professionnelle. Les scores de dépression et d'intrusion étaient plus élevés chez les femmes 10 jours après une fausse-couche mais s’amélioraient plus vite que chez les femmes qui ont eu un avortement. Le score d'évitement, le sentiment de deuil et de perte étaient significativement plus élevés dans le bras fausse-couche pendant les 5 années de l'étude. Les sentiments de soulagement, de culpabilité, de honte étaient significativement plus élevés pendant les 5 années après un avortement qu'après une fausse couche spontanée, de même que le score d'évitement. Il n’y avait pas de différence significative dans le score de dépression entre femmes ayant eu une IVG et une fausse couche, mais ils étaient significativement plus élevés que dans la population générale pour ses deux groupes.

Conclusion(s) : Les réponses psychologiques à un avortement ou à une fausse-couche évoluent de façon différente, avec une prédominance des réactions d'évitement et une amélioration plus lente des scores après un avortement ; une prédominance de la dépression et des réactions d'intrusion chez les femmes qui ont fait une fausse-couche, mais avec une normalisation plus rapide des symptômes.

 

R

Résultats Quantitatifs

non renseigné

C

Commentaires de la rédaction scientifique

ELEMENTS PERMETTANT D'ARGUMENTER EN FAVEUR D'UN NIVEAU DE PREUVE ÉLEVÉ

Point fort concernant la prise en compte des facteurs qui peuvent fausser l'analyse : Ajustement sur antécédents et/ou éventuelles autres caractéristiques

Les articles publiées concernant cette cohorte longitudinale semble avoir un niveau de preuve important: notons en particulier des points positifs en termes de

  • recueil prospectif des données
  • recueil des données par des questionnaires validés
  • analyse ajustant les résultats de façon précise

ELEMENTS PERMETTANT D'ARGUMENTER EN FAVEUR D'UN NIVEAU DE PREUVE FAIBLE

Comme pour toutes les études d'observation, l'ajustement ne garantit pas un lien de causalité. Mais cela n'invalide pas les résultats.

Commentaires de la Rédaction Non Scientifique

Etude bien menée

++

Etude rigoureuse. Il ne semble pas y avoir des conflits d’intérêts au niveau des auteurs.

Commentaires des internautes

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